A la suite d’un stupide accident (et oui, j’ai loupĂ© une marche en sortant d’un restaurant) je me suis fracturĂ©e la mallĂ©ole (la cheville, pour ceux qui comme moi n’avait aucune idĂ©e de l’endroit oĂą cela se trouve).

S’en sont suivies trois semaines très douloureuses, avec un plâtre Ă©norme et très lourd, puis trois semaines de rĂ©sine… Les bĂ©quilles Ă©tant très fastidieuses Ă  utiliser, j’ai principalement utilisĂ© un fauteuil roulant pour me dĂ©placer lors des sorties…

Et lĂ , j ‘ai dĂ©couvert un autre monde!! J’Ă©tais devenue une personne Ă  mobilitĂ© rĂ©duite, une simple PMR…

J’ai rĂ©alisĂ© qu’en 2019, NON, le monde n’est pas du tout adaptĂ© aux personnes Ă  mobilitĂ© rĂ©duite et OUI, beaucoup de gens s’en moquent complètement!

Cela va des passages piĂ©tons oĂą l’on bute en traversant, aux trottoirs : inadaptĂ©s, encombrĂ©s ou en travaux. Les gens qui vous rentrent dedans, les taxis spĂ©ciaux que vous rĂ©servez en mentionnant qu’il y a un fauteuil, mais Ă  leur arrivĂ©e ils prennent toujours un air exaspĂ©rĂ©. Se garer et sortir le fauteuil avec des gens qui vous collent de trop près ou qui klaxonnent. Les magasins que vous regardez la larme Ă  l’oeil car le fauteuil me rentre pas (entrĂ©e trop Ă©troite, marches…), tout comme les cafĂ©s et restaurants et…cerise sur le gâteau…: LES TOILETTES!!

Car OUI, mesdames et messieurs, les "PMR" vont aux toilettes!!  

On vous accueille toujours « sans problème ». A la rĂ©servation tout est toujours adaptĂ©… Mais, une fois sur place, on dĂ©chante un peu tout de mĂŞme… On pousse les tables car le fauteuil ne passe pas, les gens doivent se lever, certes toujours avec gentillesse, mais si on souhaite ĂŞtre discret, c’est loupĂ©!

Ouf! Enfin installĂ©e! Vous vous sentez presque normale, quand tout Ă  coup, vous osez la question fatidique: « l ‘accès aux toilettes est-il adaptĂ©? » « Heuu non, il y a un escalier en colimaçon avec 32 marches » …. Vous jette le serveur nonchalamment.

Alors on fait quoi???? Et bien il y a les toilettes publiques, un subtil mĂ©lange d’odeurs en tout genre, de microbes et autres miasmes que je ne prĂ©fère mĂŞme pas imaginer…

Il faut ĂŞtre honnĂŞte, la SEULE CHOSE que je savais avant tout cela, c’Ă©tait qu’il ne fallait pas se garer sur « une place handicapĂ©e », mais j’Ă©tais Ă  des annĂ©es lumières d’imaginer toutes ces difficultĂ©s.

Cette expérience m'a fait voir les choses autrement.                          

Maintenant, je regarde les accès, la place pour passer, les toilettes… VoilĂ  pourquoi, j’essaierai autant que possible Ă  mon petit niveau de mettre des mentions spĂ©ciales lors de mes visites, voyages ou aux restaurants…

Ce n’est jamais inintéressant de prendre une bonne claque sur ses propres idées reçues.

Grand Corps Malade